Un petit coin de Tallarn
Par Athamas,
lundi 5 décembre 2005 à 16:51 ::
Décors
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Plusieurs tutoriaux sont déjà disponibles à travers différents sites, celui que je vous propose est en fait le suivi de la construction d’un plateau de 2m 40 sur 1m 20. Je tiens à préciser tout de suite qu’il ne s’agit pas de faire un plateau de « base ». Ce plateau de jeu a le désert pour thème. Ce que je vais m’efforcer de vous expliquer dans les pages qui suivent, c’est simplement la méthode que j’ai utilisé. C’est une des méthodes possibles, ce n’est pas la seule.
0 – Comment démarrer ?
« Aucun élément de décor, aucun plateau de jeu à thème ne peut se faire sans des croquis préparatoires et des recherches iconographiques ». Cette phrase n’est qu’un point de vue qui cherche simplement à expliquer qu’un projet aussi modeste soit-il, et encore plus dans un projet ambitieux, doit être préparé avec des croquis, même imparfaits, et une réflexion sur les techniques que l’on imagine ou souhaite employer. Les moyens en termes de place, de matériel et de temps doivent aboutir à différentes solutions qui permettront d’obtenir exactement le résultat que vous souhaitez. J’ai commencé par me documenter sur l’aspect visuel que peuvent avoir les déserts. Vous allez me dire « il est bête ou quoi, c’est du sable et des dunes. » Et bien non, le désert se décline de façon très différentes à travers le monde et en fonction de ce que vous voulez obtenir comme rendu, la technique peut énormément varier.
Je voulais faire des dunes et un début de surface plus rocailleuse. Je me suis donc inspiré du désert saharien, principalement dans sa partie ouest, ou l’on trouve les dunes mais aussi les plateaux rocheux, au sud du Maroc par exemple. Une fois déterminé ses différents aspects visuels que je voulais j’ai fait un plan rapide de la disposition des éléments. A ce stade vous devez prendre une décision, très importante pour la suite : certains éléments seront-ils fixes, directement sur le plateau ou tout les éléments seront-ils « mobiles » ? J’ai opté pour la configuration comprenant des éléments fixes sur deux des plateaux et décide que le reste serait composé d’éléments mobiles.
Mon plan de préparation montre bien ce que je souhaitais en élément fixe, étant donné que seul ces éléments fixes sont placés sur le plan. J’ai aussi, à ce moment là, découpé mon plateau en quatreéléments de 1m20 sur 60 cm, cela permet de savoir comment vont se répartir les éléments, sur chaque plateau mais aussi, de se faire une idée plus précise du résultat final. Chaque plateau que se soient ceux avec des éléments fixes ou des vierges doivent offrir un minimum de modularité, c’est, pour moi, une règle d’or. Je dois pouvoir les combiner sans que cela fasse bizarre ou bancal. C’est pour cela que les éléments fixes se trouvent sur deux plateaux et que les deux autres ne comportent aucun élément. L’ensemble de la table est entièrement combinable offrant des possibilités plus importantes de variation sur un groupe de plateau, malgré des éléments fixes.
Voilà, vous avez maintenant un aperçu des réflexions et des idées qui me sont passées par la tête au moment de la conception de ce plateau. Je ne ((/blog/images/decors/desert10.jpg|suis pas un « studio » professionnel, je ne pouvais donc pas me permettre de changer beaucoup d’idées en cours de réalisation, j’ai donc envisagé beaucoup de possibilités avant même de toucher à un quelconque outil ou matériau.
1 - Le matériel nécessaire
Comme dans toutes les facettes du hobby, cette étape est relativement importante d’autant plus que nos moyens ne sont pas extensibles, bien réfléchir et étudier les éléments que vous voulez mettre en place doit vous permettre d’acheter exactement ce dont vous avez besoin. Voilà ce que je me suis procuré pour ce décor :
- 3 pots d’enduit de rebouchage « prêt à l’emploi » de 4 kg chacun,
- 1 pot de peinture acrylique mat jaune dorée,
- 1 petit pot de peinture acrylique de brun, presque un vrai terre Sienne,
- 1 petit pot de peinture acrylique noir,
- 1 petit pot de peinture acrylique blanc,
- 25 kg de sable de ciment,
- 1 pot de colle à bois.
Pour le sable vous pouvez très bien, si vous en avez la possibilité, vous fournir directement dans les bacs à sable publics, mais cela relève de votre responsabilité. De plus, du sable récupéré de cette manière doit être « nettoyé », il est très rarement hygiénique.
Je vais parler très brièvement des matériaux que sont le polystyrène et les cartons utilisés, car cela doit dépendre de ce que chacun à a sa disposition. Personnellement, j’ai eu la chance d’avoir énormément de carton-plume à disposition et énormément de polystyrène (un déménagement ça aide). Je ne déconseille qu’une seule chose, pour socler les éléments mobiles, évitez particulièrement les cartons ondulés, car même en ayant «rebouché» les tranches ils finissent toujours par se voiler. Préférez un carton plus fin mais plus dur, comme le carton des boîtes de papier photo, ou le carton d’emballage de certains matériels informatique fragiles. Je ne vous ferais pas le détail des outils, mais disons simplement qu’une spatule de petite taille, et deux ou trois pinceaux de taille assez importante seront nécessaire, ainsi que le matériel habituel que vous utilisez pour travailler le polystyrène, (cutter, couteau, colle, pyroscie par exemple).
2 – Création des différents éléments
La première chose à faire est de reporter sur vos plateaux votre plan et vos idées « à plat ». J’ai disposé les plateaux à même le sol de mon bureau et avec un crayon, j’ai dessiné le contour des dunes sur les plateaux où elles devaient être mises en place, puis sur les deux autres j’avais décidé de faire deux textures de sol différentes pour rendre l'aspect « rocailleux » que je souhaitais. J’ai donc délimité des zones sur les plateaux. En général à cette étape la taille de vos reliefs (dune dans ce cas), vont vous apparaître sous un autre angle, car à moins d’avoir un plan à l’échelle, vous n’aviez pour l’instant aucune idée du volume exact que vos reliefs allaient représenter. Une fois votre plan « projeté » sur les plateaux, commence l’étape que je préfère, la sculpture des reliefs. Avec du polystyrène accumulé depuis un bon moment et du carton épais, je donne la forme de base aux reliefs fixes. Je monte les reliefs sans les coller sur le plateau. Puis une fois finis, je les fixe définitivement sur les plateaux où ils doivent aller. Puis je m’attaque aux éléments mobiles.
Je dois avouer qu’à ce moment-là je me suis replongé dans ma documentation, et que j’ai fait une série de 15 éléments en fonction de ce que je voulais par rapport à l’aspect visuel et de ce qui me restait dans mes chutes. J’ai donc créé des éléments qui allaient faire la jonction entre la moitié de plateau avec les dunes fixes et les deux plateaux « vierges » qui auraient droit à des éléments plus de type roche. La création des différents éléments est des plus classiques, sculpture au cutter, collage à la colle à bois, tout est fait avec du polystyrène, du carton épais et du carton-plume. J’ai fait trois éléments de décors plus « guerrier », l’un est un reste de bunker enfoui dans une dune, fait avec un angle de polystyrène d’emballage d’appareil électroménager, un peu de fil de fer, et du carton pour le socle. Les deux autres éléments sont des restes de grillages de protection fait avec du grillage pour vivarium, et du carton. J’ai fait le plus d’éléments mobiles possibles, car « Qui peut le plus peut le moins ». Je pourrai toujours mettre certains éléments et pas d’autres offrant encore une possibilité de varier sur ce décor. Une fois tout les éléments fabriqués, je les ai mis en place sur les plateaux pour avoir une image encore plus précise du résultat final.
3 – Sculputure des éléments fixes
C’est l’étape la plus longue en terme de temps, car l’enduit de rebouchage n’est pas vraiment prévu pour cette utilisation, et il met beaucoup plus de temps que ce qui est indiqué pour sécher. J’ai donc, avec la spatule, recouvert mes dunes fixes pour les rendre plus rondes. La jouabilité d’une partie de ces éléments doit être déterminé avant de mettre en place l’enduit car sinon vous risquez de gommer les zones où vous souhaitez voir des figurines passer/se poser/se placer. Une fois le plus gros du travail effectué, c’est avec les mains et mes petits doigts potelés que j’ai affiné le travail afin que le sommet des dunes offre une forme intéressante et correspondante au visuel d’une dune. J’ai aussi utiliser mes doigts pour lisser ou combler certains trous qui apparaissent ou certains creux liés aux couches successives d’enduit. Un petit truc pour éviter que vos doigts soient « plâtrés », mouillez les à l’eau claire, séchez les légèrement, afin qu’ils restent humides, mais pas trempés. Un bol avec deux ou trois centimètres d’eau dans lequel vous allez tremper vos doigts est une très bonne solution.
Par rapport à mes recherches iconographiques, j’avais remarqué que les dunes ont tendances à être "reliées" entre elles par des banc de sables, j’ai donc appliqué de l’enduit en faisant un « lien » entre les différentes dunes. Je n’ai, bien évidemment, pas crée ces « liens » entre les dunes des deux différents plateaux. Ces liens n’ont aucune base de polystyrène, il s’agit seulement d’accumulation d’enduit. L’image vous permet de voir plus précisément un des plateaux avec des éléments fixes. Les espaces entres les dunes permettent de faire passer des véhicules, et la dune sur le bas de l’image à été prévu pour recevoir des troupes.
4 – Sculpture des éléments mobiles
Comme pour tout élément de décor classique, les éléments mobiles ont été, dans un premier temps faits avec polystyrène et carton, puis dans un deuxième temps, retravaillés en fonction de la dynamique du plateau et de la jouabilité voulue. Les seuls éléments qui ont demandés un travail supplémentaire sont les éléments de décors qui devaient faire la jonction entre les dunes et la partie plus rocheuse. La méthode est presque la même que celle des dunes sur les plateaux, si ce n’est qu’un premier lissage avec la spatule est fait, puis on laisse reposer l’enduit entre un quart d’heure et une demi-heure, afin que celui-ci se solidarise bien, puis, avec les doigts légèrement humidifiés on leur fait prendre la forme arrondie et épouser les éléments qui doivent « ressortir » du sable de la dune. Cette dernière étape à pour but de donner cette aspect visuel d’enfouissement des éléments.
Sur les photos, vous pouvez voir les deux des trois éléments que j’ai « ensevelis ». Chacun d’eux pouvant servir sur les deux groupes de plateaux, que ce soit ceux des dunes fixes ou les normaux. Quand vous en serez à cette étape il très important de bien envisager la modularité ainsi que l’utilisation par des joueurs de vos éléments de terrain. Ceux-ci doivent pouvoir repérer au premier regard si leurs figurines ou leurs véhicules peuvent passer ou stationner dessus. J’utilise un système tout bête, qui est que si une figurine tient c’est bon, si elle ne tient pas, l’élément est « infranchissable »
Cette réflexion doit déjà avoir eu lieu au moment de la sculpture de l’élément, car le rajout de l’enduit ne dois pas gommer vos idées d’accès et de jouabilité. Comme exemple, l’élément avec le bunker en ruine est le plus probant, les figurines à pieds peuvent prendre position en face de la partie effondrée, les véhicules peuvent passer, et les figurines équipées de réacteurs dorsaux ou équivalent peuvent même se poser sur le toit du bunker.
5 – Flocage de tous les éléments
Mon premier conseil sera de nettoyer l’endroit où vous travaillez. Si jamais vous avez tout fait dans la même journée, ou dans une pièce où vous seul pouvez travailler. Normalement, le polystyrène et l’enduit vous auront laissés des éléments, des chutes partout. Comme vous allez maintenant utiliser la colle et le sable sur de grande surfaces, rendre la pièce propre est vraiment important, cela évitera que la surface que vous allez encoller devienne un peu poussiéreuse et réduise la qualité de la colle. Avant de mettre de la colle, j’ai légèrement poncé les plateaux afin de créer une bonne adhérence avec la colle, mais aussi que celle ci s’infiltre bien dans le bois pour qu’elle fasse ciment avec le sable et les plateaux. Afin de rendre L’effet « rocaille », j’ai délimité dès le départ des zones sur les deux plateaux, en bordure des bords courts, afin de créer une continuité de l’effet sable quand les quatre plateaux sont utilisés. La technique de flocage est simple, et classique, après avoir encollé toute la surface avec de la colle à bois (ou équivalent) légèrement diluée, j’ai tout recouvert de sable, tassé légèrement puis laisser au repos. Ensuite je me suis attelé aux parties «rocailleuses». Comme dans tout travail de ce type, on oublie toujours quelque chose. C’était la litière pour chat. J’avais choisi de prendre la litière pour le coté «basaltique» des grains, ainsi que la différence de taille qu’ils font avec le sable classique. C’est donc le chat de ma compagne qui a vu partir son sac de litière afin de pourvoir à cet oubli. La bataille fut rude, mais je pus continuer mes plateaux, non sans avoir mis quelques pansements sur mes doigts.
La technique est la même que pour le sable : encollage, mise ne place de la litière, tassement, attendre puis enlever l’excédent. Ne diluez pas trop la colle avec de l’eau, sinon l’adhérence en sera d’autant réduite et cela ne permettra pas un rendu vraiment uniforme. Sinon le bois des planches apparaîtra par endroits. Les éléments mobiles ont été floqués avec la même technique. Encore plus que pour les plateaux, il vaut toujours mieux commencer par le sable, puis floquer avec la litière. Il sera difficile de ne pas créer des « zones » sans flocage. Les « trous » seront très difficile à rattraper du fait de la différence des deux matériaux. Pour les deux plateaux ayant des dunes fixes, j’ai commencé par poncer l’enduit afin de faire disparaître les aspérités dues à la sculpture, afin que)) ceux-ci n’apparaissent pas une fois floqué. Comme pour les plateaux, le ponçage permet de bien faire accrocher la colle avec le sable aux reliefs que vous avez créés.
6 – La peinture ou l’étape dangereuse
Pourquoi «l’étape dangereuse» ? Pour une simple et évidente raison, lorsque l’on travaille sur du sable floqué, sa fixation n’est jamais optimale tant que la peinture n’est pas mise en place car elle seule va vraiment souder le sable à la table. La peinture va couler entre les grains pour accrocher sur la table et ainsi fixer les grains de sable. La deuxième raison est que lorsque qu’on peint les pinceaux ont tendance à arracher le sable ou le flocage. La technique du «tamponnage» avec les poils du pinceaux permet de limiter les dégâts. De plus, un petit truc tout bête consiste à faire une peinture légèrement texturée qui vous permettra de combler les trous éventuels.
Il est presque impossible de toute façon de ne pas transformer votre peinture en peinture « texturée », au bout d’un moment, le pinceau en aura ramené suffisamment. Pour le côté purement technique : peinture légèrement diluée, pour la couche de base, puis un lavis de noir pour les rochers, puis un brossage à sec d’un gris plus clair, voir un deuxième principalement sur les arêtes. Pour les dunes, pareils, si ce n’est que le lavis est d’un brun vraiment plus sombre afin de bien créer une sensation de volume. Une dernière remarque sur cette étape, pour les lavis il faut attendre que la couche qui va recevoir le lavis soit parfaitement sèche, car le risque de dilution de la première couche pourrait atténuer l’effet désiré. Les deux images ci-dessus vous montrent les éléments mobiles et un des plateaux avant les brossages et les lavis, ils ont seulement la couche de base. La dernière image vous montre les plateaux remontés comme au départ avec la peinture d’achevée. Voilà, vos plateaux sont finis, vous pouvez donner l’assaut à ce désert.
7 – Conclusion, ou le petit mot de l’Adeptus Constructivum
En cette fin de tutorial je me permets de prendre la parole de façon plus générale.
Ce projet me tenais à coeur depuis un sacré moment, vous ne pouvez pas imaginer ma joie quand les plateaux furent finis. Certains diront que j’aurais pu mettre plus de détails, je suis d’accord mais l’apport de détail à tendance à nuire à la jouabilité du décor. J’ai bien pensé mettre un squelette devant le bunker, à moitié enfoui, avec une vieille arme à ses côtés, mais j’ai préféré garder ces idées dans ma tête ou dans mon petit calepin recyclé qui m’accompagne partout. Ces idées vont faire leurs chemins jusqu’à ce que le temps et surtout l’envie me reprenne d’agrandir les éléments mobiles pour ces plateaux. J’ai déjà les croquis d’une oasis en tête, un gros élément qui prendra sûrement de la place mais à la jouabilité totale, ou en fonction des envies des joueurs. Plusieurs dunes mobiles « trottent » dans ma tête, afin de faire un plateau entièrement en dune… Je travaille toujours à l’amélioration visuelle de mes décors, dans un premier temps parce qu’ils s’abîment avec la manipulation et le transport. Ensuite, parce que j’ai une fâcheuse tendance à ne pas être satisfait (dans une certaine mesure) de ce que je fais, je pense que je peux toujours faire un petit peu mieux. Le meilleur exemple est que je suis déjà en train de réfléchir et de chercher des matériaux pour faire des buissons « secs » pour ces décors. L’avantage d’avoir pris l’option de la modularité pour mes plateaux est qu’aucune idées n’est à rejeter car sous une forme ou sous une autre je peux rajouter, modifier des éléments, renouvelant ainsi le plaisir de jouer sur ces tables.
Certains doivent légitimement se poser la question sur le temps que ma pris un projet comme celui-ci. Je n’ai malheureusement pas de réponse car le temps passé sur ces plateaux été reparti en deux grosses périodes suivies de deux autres plus courtes. Les grosses correspondent à mes soirées pendant deux semaines de suite, les courtes à deux week-ends. À celaon peut ajouter quelques soirées pour les retouches, et les petits détails comme le grillage et les bouts de fer du bunker.
Pour en finir je voudrais aussi ajouter un petit mot de remerciement à mon frère, et ma compagne. L’une pour son absence du fait d’un stage pendant une semaine, et à sa patience, aussi, à son retour, l’autre pour son regard critique. Faire un plateau jouable à thème est extrêmement gratifiant pour soi et pour vos joueurs occasionnels comme habituels, même s’ils ont tendance après ce genre de boulot à attendre beaucoup du suivant. Comme je ne manque pas d’idées, j’espère pouvoir encore les surprendre avec mon projet suivant. En espérant que cela a pu vous apporter quelque chose. J’ai pris énormément de plaisir à faire ce tutorial et j’espère qu’il vous apportera quelque chose, ou à défaut qu’il vous aura intéressé voir diverti.
Publier pour la Védéhem ©2005
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